Tous responsables ? Tous coupables ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Jeudi, 06 Mai 2010 12:42

Et si… Et si,  les outils modernes de planification industrielle et la « philosophie » qui a prévalue  à leur développement comme à leur application étaient responsables du (relatif) marasme économiques de ces dernières décennies, et tout spécialement celles des « économies occidentales » ?

Voyons voir …

Jusqu'à la fin des années 1970, nos usines produisaient à pleine capacité des produits et des emplois ! Sans trop s’occuper d’un marché toujours demandeur que les VRP (Voyageurs Représentants Placiers  ou plus simplement  les « représentants de commerce ») de l’époque stimulaient à grands efforts auprès d’une clientèle qu’il fallait séduire à tout prix pour écouler des productions toujours plus importantes et « toujours » disponibles en stocks. Dans une économie largement inflationniste – Jusqu’à 13 % d’inflation par an dans les années 1950-1960 ! - les stocks n’étaient vraiment pas le souci quotidien des entreprises d’autant que les produits avaient une durée de vie largement supérieure à deux ans pour la plupart… Les soldes ? On ne connaissait pas.

De guerre lasse, peut-être, et le marché se saturant aussi sans doute nous avons pensé bien faire en produisant non plus selon une vision perpétuellement expansive mais selon la demande « strictement » et de plus en plus « strictement » !

La GPAO moderne, naissante à cette époque, passait ainsi directement de l’enfance à la maturité… en permettant par sa réactivité de répondre strictement à cette nouvelle vision d’autant plus nécessaire que la période inflationniste avait vécue et que la mode tirée par la sacro-sainte publicité réduisait drastiquement la durée de l’attractivité des offres. Finies l’époque ou Ford pouvait fournir toutes sorte de couleurs de véhicules « pourvus qu’ils soient noirs » !

Ce modèle à bien fonctionné tant,  les entreprises en vendant au mieux et au plus juste (peut-être moins) étaient toujours plus « productive » et  réalisaient des bénéfices toujours plus colossaux… quittent à y « sacrifier » de plus en plus d’employés…. Qui, ayant des moyens moindres, achetaient de moins en moins, à des usines qui produisaient de moins en moins…. Avec des marges de plus en plus réduites.

Bien sûr on ne pouvait en rester là, les entreprises s’en sont vite rendu compte. Mais quelle solution ? Simple ! Puisque le produire juste, selon la demande, avait fait ses preuves et qu’il n’était évidemment pas question de réduire les productions en deçà du  seuil de rentabilité,  eh bien il ne restait plus qu’à augmenter la demande en faisant appel à des techniques marketing de plus en plus agressives, de plus en plus prégnantes. Dont les coûts renchérissent, évidemment, artificiellement des produits de plus en plus difficiles à acquérir par toute une frange d’un personnel « productif » de plus en plus précaire sinon laissés pour compte. Heureusement le tertiaire (publicitaires, consultants, intermédiaires, distributeurs…) prennent la relève dopant provisoirement la consommation avec beaucoup de gadgets plus ou moins utiles, mais toujours enviés (ah ! la publicité quant on y croit !)  Et alors que de moins de personnes pouvait acheter faute de revenus… eh bien là encore une solution : le crédit ! Le bienvenu il fait faire, comme chacun le sait, aux banques de nouveaux et faramineux profits placés en capitaux plutôt qu’en investissements productifs.

On en est là aujourd’hui. Des pays, comme la France (contrairement à l’Allemagne), qui ont  vécu et vivent encore une désindustrialisation phénoménale et accélérée commencent à s’en « mordre les doigts ». Et, peut-être est-il déjà trop tard.

Réviser nos modèles certes est impératif, d’aucuns disent que, déjà, une tendance à acheter plus « durable » émerge et même le troc serait de plus en plus courant. Faut-il donc pour autant abandonner les « techniques  modernes » de gestion de production ? Certainement pas, mais ne nous leurrons pas une réflexion sur leurs limites, dont leurs limites sociales (voir aussi notre article « la mort au travail »)  s’impose. C’est notre conviction, c’est aussi une urgente nécessité.

Yves Le DOEUFF

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Mise à jour le Vendredi, 07 Mai 2010 13:44